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Sur le documentaire
Avril 2011

Le "Réseau des Organisations du Documentaire" qui regroupe quelques vieilles structures (elles se désignent elles mêmes ainsi : comme "historiques") du cinéma documentaire de ce pays*, c'est à dire essentiellement liées au "milieu" parisien du cinéma (comme les crédits en témoignent), à sa culture, à son industrie déglinguée (quelques uns sont aussi des amis)...

Le ROD donc, a édité un rapport intitulé :

L’ETAT DU DOCUMENTAIRE,
2000 - 2010
La place de la création dans la production documentaire

Le rapport complet est ICI

Le titre est plus audacieux que le contenu qui essentiellement relève des chiffres et des statistiques que tous les cinéastes connaissent en pratique.

Parler de la place de la création est une autre paire de manche !... D'autres réflexions semblent au dessus de leurs forces apparemment, à quelques envolées près qui sont cependant intéressantes pour ce qu'elles disent... du travail qu'ils n'ont pas fait !... et qui aurait été de loin le plus important, puis qu'illustrant des dynamiques.
Ainsi écrire : "le cadre de cette étude n'a pas permis d'étudier précisément la vitalité des cinéastes documentaristes en région, etc...".
C'est drôle non ? Parce que les régions ont paraît-il une certaine importance dans ce pays ! Ou peut-être que non ?...

* Le ROD est composé de l’Addoc - Association des cinéastes documentaristes, du C7 (Club du 7 octobre), du SPI (Syndicat des producteurs indépendants), de la SRF- Société des Réalisateurs de Films et de l’USPA (Union Syndicale des Producteurs Audiovisuels).

L'état du documentaire 2000 - 2010 du Réseau des Organisations du Documentaire
Extraits du rapport (et commentaires).

P.46
"Le cadre de cette étude n'a pas permis d'étudier précisément la vitalité des cinéastes documentaristes en région, soutenus au niveau local mais globalement sous exposés, ni le nombre de films autoproduits ou sous-financés qui accèdent à la reconnaissance des festivals et parfois des salles.
Pour le moment, ces pratiques ne sont pas susceptibles de pallier les déséquilibres ou les fragilités relevées plus haut.
Une large concertation devrait s’ouvrir pour accompagner la nécessaire structuration de ces nouveaux média et de ces nouvelles pratiques. Elle associerait l’ensemble des partenaires « historiques » de la création documentaire mais aussi pour la première fois, ces acteurs émergents. De ces échanges devraient naître les garanties pour l’avenir de la création documentaire alors que ses formes et ses modalités de diffusion connaissent de nouvelles mutations."


Nous remercions quand même chaleureusement nos amis parisiens d'avoir mentionné cette "large consultation indispensable" que nous appelons de nos voeux depuis un moment... même si on peut se dire qu'ils utilisent facilement le TGV pour déposer des demandes d'aide dans les régions (la liste des personnes intervenantes dans l'étude montre qu'elles connaissent bien le chemin de Marseille par exemple !) dans le cadre de politiques dites "régionales" écrites par le CNC...
Alors que rencontrer les structures régionales pour évoquer le panorama français... c'est un problème !
Désolés amis, c'est un argumentaire qui n'est pas recevable.

Mais si les Régions (et la nôtre en particulier) avaient une politique indépendante véritable, elles donneraient une visibilité à cette dynamique que le rapport désigne comme "sous-exposée"... Rien n'est fait dans la communication de la région par exemple (ni au CG) pour valoriser les auteurs de la région. Toute la comm. est dirigée sur la valorisation des "productions" de ses services culturels. Ce qui n'est pas la même chose !

Cette attitude du milieu parisien à notre égard, qui leur vaut nos quelques lignes amicalement acides, n'est rien comparée à celle de nos institutions qui sont particulièrement en échec sur la politique menée, qui ne peut se prévaloir d'aucune réussite économique, sauf pour les hôteliers, la SNCF et quelques maigres prestataires de services ...
Ah les fameux "techniciens qui vivent du nombre record de tournages qui se déroulent en région"... où sont-ils ? combien sont-ils ?!... Muettitude !... pour qui leur "domiciliation marseillaise" fait-elle illusion ? à part pour quelques journalistes éblouis par des affirmations gratuites (mais rémunérées).
Ah "le bouillonnement artistique" qui devait irradier des studios de la Belle de mai... Il vibre au seul rythme de l'audimat PBLV !.. Et il n'y aura jamais là de cinéma...
Quant à l'accompagnement des auteurs qui vivent en région et y développent leurs démarches artistiques, quelle est l'économie réelle de leur activité ?... Circulez, y'a rien à voir !
De quoi vivent-ils ceux là ? Combien sont-ils, pris en charge par les dispositifs du RSA, les contrats aidés, les fausses déclarations au pôle emploi ?
Pourquoi pas d'étude sur cette réelle économie ?
Quelle est l'importance réelle en spectateurs des réseaux alternatifs ? Pas d'étude... Et pourtant beaucoup de monde vit de cette "non économie"... Qu'est-ce que ça signifie ? ... Silenciosité pudique !
Quelle est la place des auteurs hors Paris dans les commissions "d'experts" du CNC ? Au mépris de tout principe d'équité ... Quelle est par contre la place des auteurs (et surtout producteurs) hors Marseille dans les dispositifs de la région ? Au mépris de tout principe d'équité... Panne radio du côté de nos chargés de mission. Impuissants dès qu'il s'agit de négociation avec le CNC. Pourquoi ?
Les "aides à la création" qui sont théoriquement destinées aux auteurs se sont réduites comme une peau de chagrin, Ils ne sont plus consultés en rien dans les politiques menées ... Si la démocratie se sent morveuse, "qu'elle se mouche" !

Et si par malheur pour les auteurs, s'ils en viennent à émettre des critiques sur le détournement politique opéré, sur le non respect des principes républicains, sur le non-respect de l'équité des dispositifs en place et l'abus de pouvoir des services culturels : ils seront simplement censurés ...

Quant aux producteurs régionaux, en quoi, ces coûteux dispositifs auraient-ils compensé les difficultés inhérentes au fait que tous les centre de décision du cinéma, d'administration des aides, sont concentrées à Paris dans ce doux pays ?!
Dit autrement : produire des films en région c'est courir un marathon olympique en tirant un chariot à provisions (bancaires)... Et alors ?
Ont-ils vu naître, malgré leur collaboration prudente (et je les comprend parfois, même si je n'excuse jamais les prudences artistiques) avec les services culturels, un quelconque milieu du cinéma en région ? Ont-il la satisfaction d'être considérés comme des producteurs égaux à leurs collègues parisiens ? (en fait oui, de plus en plus dans la mesure où "là-bas", le système s'effondre très vite en ce moment. l'égalité arrive à grand pas : par le bas !)

La non prise en compte des régions dans cette étude témoigne d'abord à nos yeux de ce que les régions n'ont pas su accéder à une autonomie politique (ni économique) ni appuyer la dynamique pourtant essentielle qui se joue "hors capital(e)" dans le contexte de mutation économique et culturelle du cinéma que relève justement le rapport.

Si la conclusion du rapport est trop limitée du fait des manques relevés plus haut, et de la non prise en compte du potentiel des collaborations entre régions à l'échelle internationale en particulier... Pour autant nous relevons un deuxième point de l'étude :

P. 45
"Nicolas Philibert remarque qu’on ne peut plus dire du documentaire qu’il est le parent pauvre du cinéma. Il y a du côté de la fiction comme du documentaire des écarts considérables en termes de budget entre petits et grands films, des films tournés à la première personne avec des moyens extrêmement réduits, et de l’autre côté des superproductions comme « Océans », de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

L’étude du CNC de 2010 met en lumière plusieurs caractéristiques spécifiques à l’économie du documentaire en salles : d’une manière générale, les films documentaires ont une durée de vie en salles plus longue que les autres films. Pour les films exploités sur des combinaisons restreintes (1 à 10 copies), l’étalement des entrées est particulièrement prononcé.
Ils ont aussi des frais d’édition moindres : en 2008, le documentaire bénéficie en moyenne de frais d’édition quatre fois moindre aux frais d’édition des films de fiction (158,57 K€ pour les documentaires, 689,38 K€ pour les films de fiction). Le tirage des copies représente le premier poste de dépenses, mais une part moindre que pour l’ensemble des films (22,2% contre 24,6%) car les sorties de films documentaires peuvent se faire sur les supports moins coûteux que les copies traditionnelles (DVD, Bêta).
Leur diffusion se caractérise par un travail de proximité avec les salles et la presse : sur la période 2004-2008, la structure des coûts de distribution des documentaires révèle une part plus importante des coûts divers de promotion (19%) par rapport à l’ensemble des films (15%) ce qui est dû au fait que la promotion des films documentaires passe plus par un travail de proximité avec les salles et la presse que par l’achat d’espaces publicitaires.
Ces éléments statistiques révèlent que l’économie du documentaire en salles repose, plus que l’économie du cinéma dans son ensemble, sur l’action culturelle menée souvent par des structures associatives et des relais socioculturels. Certains lieux de diffusion clairement identifiés comme tels ont parfois constitué des réseaux de spectateurs, tandis que des associations d’éducation populaire ou des réseaux militants constituent depuis longtemps des relais efficaces.
Les sorties en salles et exploitations dans les réseaux « alternatifs », qui diffusent les oeuvres sur le moyen ou long terme et font vivre une culture documentaire ne permettent pas aujourd’hui de fonder un modèle économique alternatif au modèle dominant. Ils demandent aux auteurs, aux producteurs et aux distributeurs un travail d’accompagnement des films qui prend beaucoup de temps et qui n’est le plus souvent pas ou très mal rémunéré."


Voilà ici une belle piste de travail et de réflexion sur laquelle nous pourrions collectivement oeuvrer en région pour considérer que là, ce travail qui nous est familier et sur lequel le Polygone étoilé s'est construit il y a dix ans, est le lieu exact pour créer un espace de liberté et un mouvement qui influencera toute la production documentaire... Y compris de télévision !
Cet espace de liberté le rapport en témoigne un peu (c'est d'ailleurs le seul moment où on y parle de création !) :

"Le cinéma est souvent perçu comme un lieu offrant aux auteurs réalisateurs plus de liberté que la télévision. Délivré des exigences du format télévisuel, le documentariste pourrait écrire et réaliser des films plus conformes à ses ambitions artistiques. On a ainsi vu des auteurs réalisateurs reconnus, comme Mariana Otero, poursuivre leur carrière au cinéma. D’autres cinéastes ont toujours été plus à l’aise au cinéma, comme Nicolas Philibert ou Raymond Depardon.

En effet, le mode opératoire de Nicolas Philibert semble difficilement conciliable avec celui des télévisions : «Quand je fais un film, moins j’en sais sur le sujet, mieux je me porte. Bien entendu, c’est absolument contraire à ce que prêchent les télévisions, qui demandent aujourd’hui de plus en plus de garanties aux cinéastes, qui demandent des scénarios de plus en plus précis. (...) Il y a là quelque chose de très contradictoire avec la portée cinématographique d’un projet qui a partie liée avec cette part d’invisibilité, avec cette part d’inconnu, avec ce désir de faire le chemin en marchant, de faire son film sans chercher à prendre trop d’avance sur le spectateur, ou à le surplomber par un étalage de savoir préalablement engrangé.»
Malgré tout, il semble que la télévision elle-même trouve dans les films documentaires de cinéma une offre qu’elle n’a pas pu contribuer à faire émerger."




Voilà qui est dit...
Et c'est ce aussi que nous disons depuis... Longtemps !
A suivre...


Psst ! ... Par ailleurs... sur la notion même de documentaire ?... Y'aurait rien à dire ?



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