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Le Polygone étoilé
1 rue Massabo
13002 Marseille
polygone.etoile@wanadoo.fr
09 67 50 58 23

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Ateliers Cinématographiques Film flamme
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Après les films collectifs de la Ciotat en 2012-2013, ceux de Port-de-Bouc en 2015-2016, nous nous consacrons depuis 2016 à une nouvelle création dans le quartier de la Joliette avec les jeunes habitants de Massabo. C'est un retour sur ce dernier travail qui fait l'objet de cette page.


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Le cinéma est un geste de partage entre un auteur, une équipe, et un public. Le savoir lié à ce partage ne se transmet pas, ne s’apprend pas, il se construit. Les cinéastes qui accompagnent les ateliers de réalisation grand public sont des auteurs impliqués dans le cinéma d’aujourd’hui. Ils ne sont pas des «professionnels de la pédagogie ». Ce qui est visé là, c’est le renouvellement de gestes initiés par l’éducation populaire, l’échange et la liberté qui s’inventent dans la création collective.

Ces réalisations multiples forment aujourd’hui une œuvre collective monumentale intitulée La subtile mémoire des humains du rivage, qui regroupe les films réalisés sur près de vingt ans. Ces films sont régulièrement montrés et le seront très prochainement à Bruxelles (Festival des films sauvages) et à Marseille dans le cadre de Manifesta 13, Biennale nomade.

Les films étaient depuis l’origine tournés avec les outils du cinéma léger, après une aussi brève que possible initiation au matériel (1 heure au maximum, quelquefois 5 minutes, il s'agit de ne rien encombrer d'un savoir extérieur) : en pellicule 16 mm, bobine de 3 minutes et caméra Bell&Howell, prise de son sur Nagra, permettant une découverte très riche du son par sa désynchronisation de l’image. Vous pouvez en lire ici, sur l'ancien site des Ateliers, une archive (presque) complète.

Depuis 2016, les ateliers sont mis sans dessus dessous par l’énergie et le désir de Claudia Mollese, rejointe aujourd'hui par Matti Sutcliffe, la folie douce des enfants et l'accompagnement de tout Film flamme ! Deux courts métrages ont été réalisés depuis, une troisième tentative est en cours.





La Marche des trois frères, 2017-2018

Dans la classe du collège, le professeur présente l’œuvre de Jim Harrison et lit des extraits de Légendes d’automne. La classe est bruyante, Mamadou cherche à garder sa concentration, Sophie et Riyad jouent, Rouaida et Kaiss se cherchent, Djelil regarde au dehors… Au son de la voix du professeur, Djelil s’endort… Nous voilà transportés dans un autre espace, un western magique. Il s’agit d’un affrontement, d’une sœur qu’il faut sauver, d’un chemin à trouver... Le langage improvisé du tournage fait place aux histoires du quartier : un vol et une attaque injustifiée, l’entraide, la recherche d’une solution jusqu’à ce que même Nero le bandit ait réussi à avoir un cœur… C’est l’histoire d’une guérison et d‘une fête au village !

> réalisé en 2017 par un groupe de 7 enfants (entre 12 et 15 ans) en partenariat et avec le soutien du Marathon du film de Vence
> photographies Matti Sutcliffe

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Dans Les Cahiers du cinéma de mars 2019, les héros ce sont eux !

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"Aïsha deviendrait chanteuse et moi je mourrais, comme ça après je pourrais prendre la caméra et filmer"
Entretien exclusif avec Sophie Amrani



Massaboom, 2016-2017

Un conte d’horreur où l’humour défie le réel. À Massabo, dans le quartier de la Joliette, à Marseille, des jeunes adolescentes vivent leur quotidien au rythme du jeu. Sophie et ses amies font partie d’une équipe de foot féminine. L’équipe joue et gagne contre le PSG, une grande fête est organisée pour célébrer la victoire. Marine, qui ne tolère pas la joie, et encore moins les Noirs et les Arabes, descend de Paris à Marseille, à la recherche de cette fameuse équipe. Dès son arrivée à la gare, une série de rencontres avec des personnages bizarres l’amène à se perdre dans les méandres du quartier. Quand elle arrive à Massabo, c’est jour de mariage, sa colère est grande... Les amis de Sophie décident alors de la jeter dans un fleuve très dangereux... 

> réalisé par un groupe de 12/15 jeunes enfants (entre 10 et 15 ans)
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Les Ateliers Film flamme dans "Les Cahiers du cinéma" de février 2018
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De la pellicule au numérique : un geste continué ?

Claudia Mollese, 2019

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« Les auteurs et les habitants qui ont réalisé ces films ont participé de la construction d’une œuvre commune sur la ville de Marseille, une fresque lumineuse de liberté, comme si la ville se filmait elle-même... ils ont laissé trace de leur mémoire et de leur vécu, sur un format noble, utilisé par les cinéastes les plus confirmés. Une histoire autre s’est inscrite dans le temps. Cela m’a paru un geste capital : partager de la pellicule, offrir un support noble pour que chacun s’inscrive selon son désir et son imaginaire dans l’histoire d’une ville. Et le partage va dans les deux sens : les auteurs rencontrent et réinventent avec les habitants un territoire géographique et cinématographique.

Quand j’ai commencé les ateliers, j’avais très envie de toucher à la pellicule, de prolonger cette œuvre commune. La volonté des enfants de tourner en numérique m’a questionnée. Imposer un support ou expérimenter un nouveau chemin ? Le point fort à respecter pour moi était celui de suivre les désirs de ces jeunes auteurs.

Une caméra numérique venait d’être achetée au Polygone étoilé, les ateliers étaient une occasion d’apprendre à s’en servir. Travailler en numérique nous a donc permis de tourner plus longtemps et d’avoir ainsi une relation au temps de l’atelier différente, nous avons plongé dans un travail de fiction, un travail collectif, en faisant de l’erreur et de l’improvisation le chemin à suivre. Ce temps m’a offert la possibilité aussi de rencontrer ces jeunes habitants. Leur façon de s’auto-représenter, la fiction comme point de sortie et d’entrée du réel m’ont ouverte à d’importantes réflexions pour mon propre travail.

Pendant cette année 2017, nous avons été témoins autant que nos voisins de la montée de la dégradation et de la violence dans le quartier. Les jeunes adolescentes ont choisi de mettre en scène un conte d’horreur où l’humour défie le réel. Sous la forme d’une fiction grotesque, ces enfants ont mis en scène leur imaginaire : le politique, la ville, la dégradation, l’amitié, les jeux, tout se mêle dans leurs cris, qui retentissent dans le quartier. Ce fut notre premier film de fiction, Massaboom !

Ainsi, ensemble, nous avons cassé la forme des ateliers cinématographiques Film flamme... Etre leur assistante m’a révélé la violence qu’on peut, en tant qu’auteur, exercer, enfermant quelqu’un dans une image ou un territoire. Comment casser cette image, témoigner du monde ou le réinventer ? C’est par des relations de voisinage et de curiosité que les rencontres se sont transformées en films et ces films, selon mon expérience, peuvent être une occasion pour se transformer en tant qu’auteur...

Après Massaboom ! (30’), nous sommes partis avec sept enfants qui avaient participé au film précédent pour tourner un western en partenariat avec le Marathon du Film de Vence. L’édition 2018 du festival prenait pour thème Légendes d’automne, recueil de nouvelles de Jim Harrison. La Marche des trois frères est librement adapté d’une de ces nouvelles. Après plusieurs séances d’écriture et de préparation au Polygone étoilé, mais à l’instar des cinq autres équipes de tournage invitées, l’équipe de Massabo a fait les costumes et les décors, interprété et tourné, monté (en 5 jours) puis projeté cette fiction devant 170 spectateurs.
Un film très remarqué et apprécié jusque par le traducteur de Jim Harrison, Brice Mathieussent...
Il a été précisé ultérieurement au montage (par Nicola Bergamaschi), étalonné (par Isotta Trastevere), mixé (par Alexandre Rameaux), montré aux familles et projeté pendant la Semaine asymétrique:

"Un univers surréaliste traverse le réel et l’amène dans un autre espace-temps, celui de la magie du cinéma, d’où part toute cette aventure, un film fabriqué à plusieurs, le second d’un processus de vie et d’atelier avec les mêmes protagonistes, les jeunes voisins du Polygone étoilé, un cinéma de quartier aux pieds de la résidence Massabo et de son parking, à la Joliette, Marseille".

Aujourd’hui se pose à Film flamme la question de comment poursuivre ce travail, avec des financements toujours aussi faibles, dans un quartier de plus en plus dur. Qui aura envie de prendre part à cette aventure ? Et comment ? Est-ce qu’il y a encore dans ce bout de ville une place pour une caméra ? »



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